Le rôle des parents face à la phobie scolaire : entre soutien et prise de recul

Le rôle des parents face à la phobie scolaire : entre soutien et prise de recul
Un parent accompagne son enfant à l'école.

La phobie scolaire est une réalité difficile à vivre, tant pour l'enfant que pour ses parents. Face à ce trouble anxieux, les parents oscillent souvent entre un désir d’aider leur enfant et une profonde impuissance. Comment trouver le juste équilibre entre soutien et prise de recul ? Voici des pistes pour accompagner votre enfant sans vous épuiser.

1. Comprendre la phobie scolaire pour mieux accompagner

Avant tout, il est essentiel de comprendre que la phobie scolaire n’est pas un simple caprice ou un refus d’obéir. Il s’agit d’un trouble anxieux profond qui provoque une véritable souffrance chez l’enfant. Ses peurs sont souvent irrationnelles mais bien réelles.

➡️ Que faire ?

  • Se renseigner sur la phobie scolaire : lire des ouvrages, suivre des conférences, échanger avec des spécialistes.
  • Observer les signes : crises d’angoisse, douleurs somatiques (maux de ventre, nausées), insomnies…
  • Comprendre que forcer un enfant en phobie scolaire à aller en cours peut aggraver la situation.

2. Apporter un soutien inconditionnel à son enfant

Un enfant en détresse a besoin d’un cadre rassurant. Il doit se sentir écouté et soutenu sans jugement.

Comment montrer son soutien ?
✅ L’écoute active : laissez votre enfant exprimer ses émotions sans minimiser son ressenti. Plutôt que de dire "Ce n’est pas grave, tout le monde va à l’école", préférez "Je comprends que tu ressentes de la peur, veux-tu en parler ?".
✅ Valoriser ses progrès : même un petit effort mérite d’être souligné. Un pas en avant, aussi minime soit-il, est une victoire.
✅ Créer un environnement serein à la maison : éviter de lui mettre la pression et favoriser des moments de détente.

3. Savoir poser des limites et éviter l’hyperprotection

Il est naturel de vouloir protéger son enfant de la souffrance, mais une surprotection peut parfois renforcer son anxiété. L’enfant risque alors de s’enfermer dans un cercle vicieux où il se sent incapable de faire face au monde extérieur.

À éviter :
❌ Parler à sa place en permanence : l’aider, oui, mais sans le priver de ses capacités d’expression.
❌ Surinvestir le problème : un parent trop focalisé sur la phobie scolaire peut, sans le vouloir, accroître l’anxiété de l’enfant.
❌ Culpabiliser l’enfant : lui dire "Tu dois y arriver comme tout le monde" ou "Tu me rends la vie compliquée" peut accentuer son mal-être.

L’objectif : encourager l’autonomie

  • Impliquer l’enfant dans la recherche de solutions : quelles alternatives pourraient l’aider à retourner à l’école ?
  • Établir un cadre souple mais structurant : fixer des petits objectifs progressifs (ex. : passer devant l’école, y rester 1 heure, etc.).

4. Trouver de l’aide et savoir déléguer

Les parents ne sont pas seuls face à la phobie scolaire. Il est important d’impliquer des professionnels pour ne pas porter toute la charge mentale.

👩‍⚕️ À qui s’adresser ?
✔️ Un psychologue spécialisé.
✔️ L’établissement scolaire : infirmière scolaire, psychologue de l’Éducation nationale, enseignants bienveillants.
✔️ PassiFlora peut également vous soutenir, n'hésitez pas !

Découvrez l'importance de choisir un bon psy avec cet article : L’importance de bien choisir son psy.

5. Prendre soin de soi en tant que parent

La phobie scolaire d’un enfant est une épreuve pour toute la famille. Il est primordial que les parents prennent aussi soin d’eux-mêmes pour rester solides.

💡 Quelques conseils :

  • Accepter que la situation peut être longue à se résoudre.
  • Se ménager des moments de détente et demander du soutien (famille, amis, groupes de parole).
  • Ne pas hésiter à consulter un professionnel si l’épuisement émotionnel devient trop fort.

Conclusion : un équilibre à trouver

Être parent d’un enfant en phobie scolaire, c’est apprendre à jongler entre écoute, soutien et lâcher-prise. Si l’amour et la bienveillance sont indispensables, il est tout aussi essentiel de savoir poser des limites et demander de l’aide. Chaque enfant est unique, et la clé réside dans un accompagnement personnalisé, progressif et adapté à ses besoins.

Pauline, fondatrice de PassiFlora